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Attraper le cancer en prenant du soleil ou en se mettant de la crème solaire ?

L’été est là. Depuis hier.

Eh oui, j’ai déjà attrapé un coup de soleil. Il faut dire que j’ai un teint qui se prête bien aux brûlures. J’ai habituellement deux couleurs de peau possibles : blanc et rouge. J’exagère. Il existe une mince nuance où j’ai un mini tan. Un petit tan blanc. Pas le choix de me beurrer de crème solaire. Ou de rester à la maison. Ou de passer l’été dans mon suit d’apicultrice.

Les réseaux sociaux ont remis au goût du jour l’article du Pharmachien. Pour une fois, j’entends la même chose du côté des granoles et du côté des pharmacies. Ça me rassure.

Il existe deux types de protection contre le soleil : une chimique et une physique (ou minérale). La protection chimique pénètre dans la peau et absorbe les rayons tandis que l’autre crée une barrière entre le soleil et la peau. Les protecteurs de type physique sont le dioxyde de titane et l’oxyde de zinc. Oui oui, la même chose qu’on applique sur les fesses des enfants. Les crèmes qui en contiennent laissent un film blanchâtre sur la peau (on n’a qu’à penser à quel point la crème à fesse est inlavable sur les mains). C’est un gage d’efficacité.

 La première question qu’on se pose, c’est donc : qu’est-ce qu’on se met dans la face et sur nos enfants cet été ? La deuxième, c’est : on peut-tu s’en faire soi-même ?

 Je vais tenter une réponse.

  1. Il existe des crèmes «naturelles» Pour ma part, je préfère acheter ce type de crème plutôt que les Ombrelle et autres Banana Boat.

  •  Alba Botanica
  • Green Beaver
  • Douce mousse
  • (Vous en connaissez d’autres ? Dites-le moi, que je rallonge la liste.)
  1. Oui, on peut en fabriquer soi-même. En voici quelques recettes.

J’étais un peu hésitante au départ. Je trouvais que l’enjeu était gros, et que les potentiels effets néfastes étaient non mesurables à court terme. Mais quand je lis qu’un pharmacien dit que l’oxyde de zinc est vraiment efficace, ça me rassure. Il y a l’histoire des nanoparticules par contre. Le zinc composé de nanoparticules pourrait pénétrer la peau et circuler dans le sang, une chose qu’on souhaite éviter. Toutefois, en utilisant du zinc sans nanoparticules, on est ok. Aussi, ma crainte venait du fait que les crèmes maison sont d’un FPS entre 15 et 30. Mais, semble-t-il que c’est pas si mal.

D’abord, des recettes qui proviennent de boutiques qui vous vendent les produits pour fabriquer votre crème :

Les Âmes fleurs 

(Cette boutique vend aussi un «atelier» de fabrication de produits pour l’été. Il s’agit d’un document dans lequel sont proposées des recettes de crèmes solaires, de protection contre les moustiques, d’onguents divers pour soulager les petits maux de l’été. Vraiment intéressant.)

Coop Coco et Calendula

Et aussi une recette de crème plus solide en tube de déo, aussi de Coop Coco et Calendula.

On peut aussi trouver des recettes données par des blogueurs, comme les Trappeuses.

En fait, ce que je me propose pour l’été, c’est d’utiliser ma propre crème pour les petites journées ordinaires, mais d’appliquer une crème naturelle achetée avec un FPS 40 pour les sorties à la plage ou les journées où on est beaucoup dehors.

En passant, c’est quoi le problème avec la Hawaiian Tropic ? On le sait pas. Selon le Environmental Working Group, qui a créé l’outil Skindeep qui évalue la toxicité des produits cosmétiques, certains ingrédients contenus dans les crèmes, comme le retinyl palmitate, pourrait produire des radicaux libres, en lien avec le cancer. C’est tu vrai, c’est tu pas vrai ? Je le sais pas. Les compagnies disent que c’est pas vrai, bien sûr, leurs détracteurs remettent en question les études qui prouvent son innocuité. La bonne nouvelle, c’est que certaines crèmes sont considérées non toxiques, même si elles prennent place sur les tablettes de la pharmacie. Par exemple, la Banana Boat pour enfants, la Roche-Posay, et certaines de l’Oréal Paris se classent bien. Le mieux, c’est d’apporter votre téléphone à la pharmacie avec l’application SkinDeep et de scanner les bouteilles sur place. Ou d’aller magasiner dans une boutique d’aliments naturels. Et puis un FPS 350 000, c’est pas vraiment utile. La différence entre un FPS 40 et un FPS 100 est vraiment mince. En vrai, c’est 115 le plus haut que j’ai vu. Les rayons UVA et UVB sont bloqués à 97% avec un FPS 30.

Un reportage diffusé l’an dernier à Télé-Québec pendant l’émission Ça vaut le coût parle aussi, entre autres, de la poudre aux yeux marketing que représente la mention «testé par les dermatologues», à ne pas confondre avec le logo de l’Association canadienne de dermatologie. On y parle aussi de l’efficacité du zinc et du titane.

Un constat : dans tous les reportages ou articles, on mentionne le fait qu’en général, on n’utilise pas assez de crème solaire. Faut vraiment se beurrer beaucoup. Genre, une journée à la plage, on devrait passer une bouteille.

Avec la crème maison, il n’y a pas de problème à badigeonner les bébés. Au moins ça. Ça, pis pas les mettre au soleil. Ça devrait leur donner une chance.

Les Trappeuses

 Il s’agit d’un blogue fondé par deux filles, Mariane et Audrey. Ça parle d’habitude de consommation, de produits naturels, d’alimentation, de produits locaux, de vêtements. Ce sont des granos, mais «pas hippie» pour les citer. J’adore leur attitude. On parle d’être écoresponsable «à divers degrés». Ou «à temps partiel». Sans jugement et en acceptant de ne pas être parfait. Je me retrouve beaucoup dans ce qu’elles écrivent. Devenir un consommateur responsable et écologique demande du temps, de l’adaptation, et il est difficile de changer toutes ses habitudes en même temps. D’ailleurs, j’ai l’impression d’être une pâle copie de ce blogue, TOUS les sujets abordés m’intéressent, plusieurs ayant déjà été abordés ici. Allez jeter un œil : Les Trappeuses.

Image à la une : photo credit: Lizard via photopin (license)

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Le chant du coq – une idée de l’aboutissement de nos productions

Voilà cinq ans qu’on fait des essais, qu’on élève, qu’on cultive. Qu’on se trompe. Qu’on se fait manger nos poulets par les ratons laveurs.

 Et cette année, j’ai l’impression (je vous dirai sûrement que ce n’était qu’une impression à la fin de la saison, ç’a l’air trop beau !) qu’on s’approche de la bonne formule. Il faut trouver un équilibre entre le temps qu’on investit et la nourriture et le plaisir que ça rapporte, la notion de plaisir étant assez importante dans l’équation.

On travaille à temps plein tous les deux. Le travail qu’il reste à faire en dehors de nos 40 heures/semaine respectives doit relever du loisir et non du travail. Pour ça, il faut, entre autres, intégrer les enfants autant que faire se peut. (J’ai l’air de les faire travailler, hein. Mais en vrai, on s’amuse.)

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Le printemps, c’est la grosse saison. Depuis deux semaines, on (c’est-à-dire mon chum) prépare la cour à recevoir les animaux à chair et moi, je fais des semis.

Pour l’été 2015, ça ressemble à ça.

Dans l’étable :

Un cochon

15 poulets

2 poules pondeuses

2 dindes

Dans le jardin :

Patates

Oignons

Carottes

Panais

Ail

Pois mange-tout

Fèves (certaines à manger fraîches et d’autres sèches)

Tomates

Courges (Red Kuri, Spaghetti, banane)

Concombres

Betteraves

Maïs

Navets

Melons (c’est plus pour rire qu’autre chose, je vais voir si je me fais un hot bed. Un conseil, si vous faites une recherche internet pour hot bed, précisez jardinage. Les images pourraient être choquantes.)

Poivrons

Poireaux (j’avais déjà tenté de faire des semis moi-même. C’est long. Je les ai achetés déjà partis cette année.)

Avec le temps, on a pu constater que les oignons, c’est gagnant. On en mange beaucoup et ça se conserve bien. Pas de problème à en planter 500.

Les patates aussi, mais c’est beaucoup d’ouvrage pour les récolter.

Le maïs, ç’a aussi été une belle expérience l’année passée. On les a mis en conserve et c’est encore ce qu’on met dans nos pâtés chinois rendu en mai. Même chose pour les bettes. J’ai fait des bettes marinées, mais j’en ai aussi mis en conserve nature. C’est bien pour faire une salade de bettes. Au lieu de prendre une demi-journée à faire, on dépop la can et c’est réglé.

Les pois mange-tout auront toujours une place dans mon jardin. On les mange à même le plant quand on est dehors. Belle collation !

On a eu moins de succès avec les carottes côté conservation. Je vais essayer la Danvers 126 des Jardins de l’Écoumène, elle se converse très bien, ç’a l’air.

Pour la viande, en ce qui concerne les quantités, on a fini par trouver qu’un cochon, c’était parfait pour une famille. C’est sûr que si vous avez aussi un bœuf, un orignal et un agneau, ça va finir par être trop… mais si vous mangez principalement votre cochon et que vous en donnez un peu à votre mère (avec un peu de chance, ça pourrait vous revenir en sauce à spag ou en pâté), vous allez finir votre viande au moment d’abattre le prochain cochon.

 Avec 15 poulets, ça fait environ un poulet aux trois semaines toute l’année. Mais ça, c’est si vous résistez aux demandes de vos amis. Tout le monde cherche du poulet non industriel, et c’est pratiquement inexistant sur le marché. Il existe un système de quota pour le poulet et les petits producteurs sont en quelque sorte exclus du marché. On peut produire 100 poulets hors quota, ou une quantité industrielle avec un quota. Il n’y a pas d’entre-deux qui pourrait permettre à monsieur-madame-tout-le-monde d’aller acheter son poulet chez le fermier. L’Union paysanne fait des pressions pour augmenter le nombre de bêtes sans quota (et pas seulement pour le poulet).

Le test animal de l’été : les dindes ! On vous revient là-dessus à Noël.

L’autre test : la ruche. Elle est présentement en morceaux dans le garage. Je dois lire d’ici le mois de juin pour savoir comment être une apicultrice parce que les abeilles arrivent bientôt. Faut que je m’achète un «soute» je pense !

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J’avais adopté un coq chantecler, donné par un ami qui avait trop de voisins pour se permettre un animal matinal du genre. Une belle bête… mais agressive ! Et comme on n’avait pas de poulettes chanteclers qui nous auraient donné des poussins, on a pensé qu’avant de se faire crever un œil, on pourrait essayer de le mettre dans le four. Pas de chant du cygne pour le coq.

Les ingrédients de votre bouteille de shampoing : apprendre à parler cette langue inconnue

Avez-vous déjà essayé de lire une liste d’ingrédients d’un produit cosmétique?

Pis? Avez-vous compris?

« Ahhhhh. Je crois qu’il y a de l’eau… le reste, je comprends rien.  »

C’est l’INCI. L’International Nomenclature of Cosmetic Ingredients. Plusieurs pays l’utilisent. Hein, son nom le dit. Comme ça, peu importe où on est dans le monde, on devrait pouvoir comprendre notre liste d’ingrédients de shampoing. Si vous faites une crise d’allergie spontanée au Japon, vous pourrez identifier le coupable en lisant votre étiquette de désodorisant japonais.

Cependant, la langue internationale étant ce qu’elle est, voulant être comprise par tout un chacun, elle n’est comprise par personne. Voici les ingrédients de la Derma Crème d’Olivier :

Olea Europaea, Water/Eau, Hamamelis Virginiana, Aloe Barbadensis, Cocos Nucifera, Emulsifying Wax NF, Beeswax/Cire d’abeille and/et Sodium Beeswax/Cire d’abeille de Sodium, Theobroma Cacao, Phenoxyethanol and/et Ethylhexylglycerin, Sodium Bicarbonate, Calendula Officinalis, Tocopherol.

L’INCI, c’est un mélange d’anglais et de latin. (Plus quelques mots de français perdus sur l’étiquette de la Derma Crème.) Si vous êtes curieux et motivé, vous pouvez retrouver l’eau, la cire d’abeille, le cacao, le coco. Calendula officinalis si vous connaissez un peu les fleurs. Voici une très libre adaptation française :

Huile d’olive, eau, eau d’hamamélis, aloès verra, huile de coco, cire émulsifiante, cire d’abeille, beurre de cacao, conservateur, bicarbonate de sodium, calendule (on ne connait pas la forme, probablement de l’huile), vitamine e.

Plein de bonnes choses. Mais au premier coup d’oeil, on dirait une suite d’ingrédients chimiques qui nous mènera inexorablement à la mort. Phenoxyethanol and/et Ethylhexylglycerin, ça a l’air méchant. C’est un conservateur utilisé à la place des parabens, qui eux, sont soupçonnés d’activités potentiellement cancérigènes.

Pour savoir de quoi il est question, vous pouvez « googler » les ingrédients. Si les quatre ou cinq premiers sont intéressants, ça donne habituellement le ton pour le reste. Plus rapide encore? L’application SkinDeep. Vous scannez le code barre de votre produit, et s’il est répertorié dans la base de données, on vous donne une évaluation de sa toxicité. Vous luttez encore contre l’envahissement des téléphones intelligents? Les mêmes informations se retrouvent sur le site internet de l’Environmental Working Group.

En regardant les produits d’Olivier, je me suis dit que je pouvais m’en faire une, moi, une Derma Crème. Hamamélis, coco, olive, cacao. Je me suis improvisé ça.

Finalement, ça ne ressemble pas à ça du tout. Voici ce que j’ai pris :

Phase aqueuse :

40 g d’infusion de camomille

20 g d’eau d’hamamélis

20 g de gel d’aloès

Phase huileuse :

10 g d’huile de calendule

5 g d’huile d’argan

3 g d’huile d’avocat

Émulsifiant :

5 g d’acide stéarique

3 g de cire végétale

Conservateur :

0.4 g de sorbate de potassium

C’est tellement doux dans ‘face. J’ai l’impression d’être faite en soie quand j’en mets.

photo credit: <a href= »http://www.flickr.com/photos/53477785@N00/186055701">Song Shi Zu Ju – Song Family Ancestral Home</a> via <a href= »http://photopin.com »>photopin</a&gt; <a href= »https://creativecommons.org/licenses/by-nd/2.0/ »>(license)</a&gt;

Mon flirt coupable (de hippie) avec l’huile de palme

Pour des raisons écologiques, j’ai toujours refusé d’utiliser l’huile de palme dans mes savons. La déforestation et le déclin des populations d’orangs-outangs me faisaient trop de peine pour que j’ose en seulement voir quelles étaient les caractéristiques de cette huile.

Puis, en fouinant dans une boutique en ligne (ce que je fais beaucoup trop souvent), je suis tombée sur une huile de palme biologique. Je trouvais que c’était contradictoire avec l’image très industrielle et pas gentille que j’avais du produit. C’était une huile de palme récoltée de façon responsable avec reforestation.

Ah!

Je préfère quand même quand il n’y en a pas, mais je me suis dit que je pourrais essayer… juste une fois (au chalet). Si j’en crois SoapCalc, l’huile de palme permet de durcir le savon, comme le fait l’huile de coco, mais sans arracher la peau au passage… comme le fait l’huile de coco si on en met trop. Ça permet donc l’élaboration d’un savon tout simple, avec peu d’ingrédients. Voici ce que j’ai fait :

Huile de coco 25%

Huile d’olive 35%

Huile de palme 25%

Huile de ricin 15%

Beurre de karité en surgraissage 5%

Tout ça manquant un peu de personnalité malgré tout, j’ai pensé saisir cette occasion pour réaliser un savon « demande spéciale ». En tournant un coin de corridor, on m’arrête pour me dire : « Christine, tu fais des savons? J’aimerais ça avoir un savon au patchouli ».

Patchouli?!

D’accord.

Ça m’a fait découvrir que le patchouli n’était pas qu’une odeur d’encens de hippies, mais bien une plante remplie de vertus intéressantes pour la peau. Entre autres.

Je crois aussi avoir découvert pourquoi on associe cette plante aux granoles des années 70. C’est bon pour l’angoisse, l’anxiété, la fatigue sexuelle, la méditation, la nervosité… avouez que vous avez des images dans la tête!

Les plus cyniques d’entre vous diront que le pot fait pas mal le même effet.

En plus, j’avais d’étranges colorants à savon dont l’usage me semblait plutôt improbable : des micas orange et violet. J’ai plutôt l’habitude de colorer mes savons avec des plantes ou des épices, ces colorants minéraux ne m’intéressent pas tant que ça. Je les ai reçus en cadeau dans une commande chez un fournisseur de matériel de savonnier. Mais orange et violet, c’est parfait pour le patchouli. J’ai ajouté du vert. Quand même.

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Et puis, pourquoi ne pas tenter un marbrage semi-psychédélique?

Le résultat n’est pas aussi flamboyant que je l’aurais souhaité, mais c’est quand même pas mal.

J’adore les défis. N’hésitez pas à m’en lancer! Surtout si ça me fait sortir (ou pas tant que ça) de mes clichés rétrogrades. Comme si j’étais pas un peu hippie moi-même.

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Aveeno Baby version maison

Chez nous, les filles font de l’eczéma.

(Je sais pas vous, mais moi, « eczéma », c’est le mot qui s’écrit le moins naturellement de tous les mots que je sais écrire. J’ai toujours l’impression qu’il devrait y avoir un « g ». Et puis « c » et « z » ne sont pas des lettres qui sont supposées se suivre à l’intérieur d’un même mot.)

Malheureusement, ça ne change au rien au fait que je dois vivre avec deux enfants qui ont mal à la peau de temps à autre. J’ai essayé une première crème pour ma grande la semaine dernière. Une recette dont j’avais déjà parlé dans un autre billet. Camomille, calendule, rose musquée, huiles essentielles de Tea Tree et de niaouli. On a réussi à contrôler la montée eczémateuse (je me force quand même), j’en suis très contente.

Et là, c’est le bébé qui se lève un matin avec les jambes (de la cheville à la couche) en état de souffrante démangeaison. Je n’ose pas lui mettre la crème que je viens de confectionner étant donné la présence d’huiles essentielles. Je n’ose pas la crème à la cortisone non plus. Je me rue donc à la pharmacie. On me dit qu’en effet, pas de cortisone pour les fillettes de douze mois. On hydrate avec une crème comme Aveeno. L’avoine, c’est ben d’adon pour l’eczéma.

Je me mets donc à la recherche d’une recette de lotion à l’avoine pour bébé. Ce que je ne trouve pas. Voilà donc mon défi : créer une recette d’Aveeno Baby maison. J’ai regardé les proportions d’une lotion pour le corps de base, histoire d’avoir la texture que je voulais. J’ai fait un petit lait d’avoine maison (faire chauffer du gruau dans l’eau pis le filtrer, en gros). je me suis demandé c’était quoi l’huile qui convenait aux bébés : amande douce. J’ai repris l’idée de la camomille de la première recette (plante pour les enfants, anti-inflammatoire, un peu bactéricide et cicatrisante). Et c’est tout. Les mots-clés ? Bébé, le moins d’ingrédients possible, lait d’avoine. Voici ce que ça donne :

40 g d’infusion de camomille

40 g de lait d’avoine

15 g d’huile d’amande douce

4 g de cire émulsifiante

5 gouttes de vitamine e

Un coup de fouet là-dedans. Dix minutes au total, c’est réglé. Le plus long, c’est attendre après la camomille qui infuse. (Je suis présentement en train de boire le reste… )

Je me suis étendu ça sur le bras, et je suis douce. J’ai presque le goût d’aller réveiller la petite pour l’enduire de ma création.

Ben non. Pour une fois qu’elle dort. On le sait en plus : il ne faut réveiller un chat qui dort. Une Philomène non plus.

photo credit: <a href= »https://www.flickr.com/photos/juan-antonio-capo/4534386749/ »>Juan Antonio Capó</a> via <a href= »http://photopin.com »>photopin</a&gt; <a href= »http://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/2.0/ »>cc</a&gt;

Licher la ligne

Bon, vous le savez. On se fait notre petite vie de rang. On se tricote un mode de vie à cheval entre l’ancien temps et la modernité. Entre les conserves pis le wi-fi.

Je ne trouve pas que je suis marginale.

Mais j’ai une presque phobie de suivre le courant. Suivre le courant inconsciemment, je veux dire.

C’est mon petit côté ado. Tsé, quand tu méprises un peu la banlieue, que tu refuses de vieillir, de te caser. Tu rêves de courir le monde. Je me sens encore comme ça, mais avec une hypothèque et trois enfants. Ç’a l’air paradoxal. Ce l’est pas.

À chaque décision que je prends (presque!), je me demande si je fais ça parce que j’en ai envie, ou parce que la vie me pousse par là. Si j’en ai envie, je ne vois pas de problème à faire comme tout le monde. Mais je veux avoir le choix.

Ça fait que, concrètement, je liche toujours un peu la ligne. Pas marginale, mais toujours un peu à côté.

Un collègue m’a déjà prêté un livre sur l’estime de soi.(L’estime de soi, s’aimer pour mieux vivre avec les autres, Christophe André et François Lelord. Ça l’air quétaine le titre, mais ce l’est pas!) Il y a un chapitre qui m’a beaucoup plu. Ça expliquait comment le rang dans la famille (aîné ou cadet) influençait l’estime des enfants et leur rapport à l’autorité. Parce que c’est beaucoup ça, la marginalité. En gros, ça disait que les aînés ne sont habituellement pas marginaux. Les révolutionnaires, donc, sont des cadets. La raison est bien simple : les cadets développent leur estime de façon « horizontale », en se valorisant auprès de leurs pairs et ils n’ont rien à faire de ce que pensent leurs parents, parce qu’ils n’ont jamais eu (et ensuite perdu) l’attention exclusive de ceux-ci.. Les aînés, oui. Et lorsqu’ils perdent cette attention à la naissance des autres enfants, ils tentent de la retrouver en étant très respectueux de l’autorité. En cherchant à faire plaisir aux parents. Ils se valorisent à la « verticale », en se conformant.

Y’a des jours où cette attitude-là de pseudo-marginalité, c’est juste du trouble. Je trouve jamais rien du premier coup. Je dois fabriquer plein de choses parce que ce que je veux n’existe nulle part. Tout ce qu’on cherche, que ce soit de l’information ou du matériel, c’est jamais à portée de main. Parfois, mon chum pis moi, on se dit : « pourquoi on n’a pas le goût de rester dans un développement résidentiel? » Mais on se ravise rapidement. Le développement résidentiel, ça illustre bien tout ce qui ne nous convient pas. On a besoin d’espace, de paix, de silence.

Plus souvent qu’autrement, je finis par faire ce que tout le monde fait, mais avec un peu de retard… parce que j’ai résisté. Toujours juste après la mode. Juste pour être sûre que j’aime vraiment ça, que c’était pas pour suivre la vague. Je m’énerve.

Mais au bout du compte, c’est toujours une question de choix. On choisit ce qui nous plaît dans le mode de vie traditionnel (le simple et le durable). On prend le bon de notre époque (le rapide et l’efficace). Et on est en train de réussir à faire quelque chose qui nous ressemble, finalement.

Faut croire que même si ça m’épuise parfois, ça me convient d’avoir un pied de travers.

photo credit: <a href= »https://www.flickr.com/photos/hmoong/14020993564/ »>Khánh Hmoong</a> via <a href= »http://photopin.com »>photopin</a&gt; <a href= »http://creativecommons.org/licenses/by-nc/2.0/ »>cc</a&gt;

Les princesses aux jolies lèvres

Quand ma fille va chez une de ses amies, elle revient souvent en racontant l’activité super trippante qu’elle a faite, ou le super déjeuner qu’elle a mangé. Ou les super jouets avec lesquels elle s’est amusée. Il y a toujours quelque chose d’extraordinaire qui me fait sentir ordinaire comme mère.

Et aujourd’hui, Éléonore a invité une amie à venir chez nous. Je me mettais pas de pression, quand même. Je savais qu’elles pouvaient parfaitement passer l’après-midi sans un apport parental extraordinaire, et que tout serait ben parfait. Peu importe ce que je ferais. Ou pas.

Mais j’ai eu une idée!

On a fait des lipsyl.

C’est le cosmétique le plus facile à faire. On fait fondre les ingrédients, on met ça dans le tube. Et c’est tout.

J’ai lu quelques recettes pour comprendre le principe général. Ça prend un beurre végétal, de l’huile, de la cire et un conservateur. Pour les tubes, ça se trouve chez les fournisseurs de produits pour cosmétiques faits main. On peut même récupérer les vieux tubes. Si on est assez patients pour les laver comme il faut. C’est gras longtemps.

Pour deux tube de 7 ml, on a besoin de :

7.5 g de beurre

7.5  g d’huile

1.5 g de cire

Pour le conservateur, ben ça dépend de celui qu’on prend. Vitamine e : une dizaine de gouttes. C’est en écrivant ces lignes que je me rends compte que j’ai oublié d’en mettre. Hum.

J’ai choisi du beurre de karité, parce que je voulais un baume qui serait inodore. Pour l’huile, j’ai mis principalement de l’huile d’amande douce (6 g) et un peu d’huile de tournesol macérée aux fleurs de calendula (1.5 g). Deux huiles très intéressantes pour la peau. Pour la cire, on peut mettre de la cire d’abeille, mais comme j’en avais pas assez sous la main (j’ai tout mis dans le savon jaune de la semaine passée), j’ai mis de la cire de candelilla.

Mais là, j’ai deux fillettes de cinq ans devant moi. Donc, j’ai ajouté au mélange fondu une goutte de colorant alimentaire rose. Au début, ça ne se mélange pas, mais ça finit par fonctionner. J’ai aussi mis du mica perlescent. C’est une petite poudre brillante. Et, pour terminer, de la saveur de fraise. Fait que… rose, brillant et fraise : baume à lèvres de princesse.

Vous faites fondre les ingrédients au bain-marie et vous remplissez les tubes à l’aide d’une pipette. Trois minutes plus tard, la cire s’est figée. C’est prêt. Voilà les filles, je suis la mère la plus hot de la terre.

Heureuses, les deux gamines se tartinent les lèvres, oublient leur tube sur le comptoir et retournent jouer. Pour ne plus penser à ce lipsyl maison du reste de l’après-midi.

J’avais pas grand-chose comme collation pour elles. J’ai essayé de leur passer des oranges et des barres tendres, mais non. Je me suis finalement dit que c’était une journée spéciale et je leur ai offert une beurrée de Nutella plein d’huile de palme (succès). Autant, sinon plus, de punch que le baume à lèvres de princesse. Misère.

photo credit: <a href= »https://www.flickr.com/photos/philografy/5321969637/ »>philografy</a&gt; via <a href= »http://photopin.com »>photopin</a&gt; <a href= »http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/ »>cc</a&gt;